Fumer dans un gîte n'est interdit par aucune loi générale : dans une location saisonnière de courte durée, le bailleur fixe la règle par le contrat de location. Quand la clause interdisant de fumer existe, le locataire fumeur qui laisse une odeur de cigarette dans le logement paie les frais de nettoyage sur sa garantie.
Est-il légal d'interdire de fumer dans un gîte ?
Oui. Un gîte loué pour quelques nuits est une location saisonnière, c'est-à-dire une location meublée de tourisme consentie pour une courte durée à une clientèle de passage. Elle échappe à la loi du 6 juillet 1989 qui encadre les baux d'habitation principale : le contrat de location se négocie librement entre le propriétaire et le voyageur, dans les limites du Code civil. Le bailleur peut donc y inscrire une interdiction de fumer à l'intérieur, au même titre qu'il peut refuser les animaux ou limiter le nombre de personnes.
La clause interdisant de fumer n'est pas une atteinte à la vie privée du locataire dans ce cadre : le séjour est bref, la personne accepte les conditions en réservant, et le propriétaire a un intérêt légitime à protéger un logement qu'il loue ensuite à d'autres familles, dont certaines viennent avec des enfants ou des personnes allergiques. Pour que l'interdiction soit opposable, elle doit toutefois être connue avant la réservation : écrite dans l'annonce, reprise dans le contrat de location et rappelée dans le règlement intérieur affiché dans le gîte.
La situation est différente pour un logement loué à l'année. Un contrat de bail de résidence principale soumis à la loi du 6 juillet 1989 ne peut pas, selon la lecture dominante des juristes, interdire au locataire de fumer chez lui : la clause serait jugée contraire à la jouissance paisible du logement. Le bailleur d'une location vide ou meublée à l'année peut en revanche exiger que le logement soit rendu sans dégradation, ce qui revient à faire payer les conséquences du tabac plutôt que le geste lui-même. Le loyer d'un bail à l'année rémunère la jouissance d'un domicile, alors que le loyer d'une semaine de gîte rémunère l'utilisation d'un meublé de tourisme selon des règles fixées d'avance. Ce contraste explique la plupart des questions posées sur le sujet : ce qui vaut pour un bail de location classique ne vaut pas pour un gîte, et l'inverse non plus.
Ce que dit la loi sur le tabac, et pourquoi elle ne suffit pas
La lutte contre le tabagisme passe en France par la loi Évin du 10 janvier 1991, complétée par le décret du 15 novembre 2006. Ces textes interdisent de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif : lieux de travail fermés et couverts, établissements scolaires, transports, gares, restaurants, hôtels et plus largement les lieux publics recevant du public. Le site du service public rappelle ces règles et les sanctions attachées. Depuis 2017, le vapotage est lui aussi interdit dans une partie de ces lieux.
Un gîte loué en entier à une seule famille ne relève pas de cette interdiction générale : le temps du séjour, il devient un lieu privatif, comme une maison. C'est pourquoi la question se règle par le contrat et non par la loi. Trois cas font exception ou appellent de la prudence :
- Le gîte d'étape ou le gîte de groupe, dont les salles communes, le réfectoire ou le dortoir accueillent des personnes qui ne se connaissent pas : ces espaces ont un usage collectif et l'interdiction de fumer s'y applique pleinement.
- La chambre d'hôtes, où l'hôte vit sur place et partage parfois les lieux de passage : l'interdiction dans les parties communes relève du bon sens et, souvent, du règlement intérieur.
- Le gîte qui emploie du personnel (ménage, accueil, entretien) : les locaux où ces salariés travaillent sont des lieux de travail au sens du droit du tabac.
Pour tout le reste, c'est la politique non-fumeur écrite par le propriétaire qui fait la règle. La différence entre un gîte d'étape, un gîte de groupe et un gîte rural compte donc ici autant que pour le confort.
Situation par situation : qui peut interdire la cigarette ?
| Type de logement | Texte qui s'applique | Interdire de fumer à l'intérieur | Ce que le propriétaire peut réclamer |
|---|---|---|---|
| Gîte loué en entier | Contrat de location saisonnière, Code civil | Possible par clause écrite et connue avant la réservation | Frais de nettoyage, remise en état, retenue sur la garantie |
| Gîte d'étape, gîte de groupe (espaces partagés) | Loi Évin, décret de 2006 | Interdit par la loi dans les espaces collectifs | Exclusion prévue au règlement, dégradations |
| Chambre d'hôtes | Règlement intérieur, contrat | Possible dans la chambre, usuel dans les parties communes | Nettoyage de la chambre, textiles |
| Annonce Airbnb ou plateforme | Règlement de l'annonce, conditions de la plateforme | Possible, à cocher dans le règlement de l'annonce | Demande via la procédure de dommages de la plateforme |
| Logement loué à l'année | Loi du 6 juillet 1989 | Clause contestée, souvent jugée non valable | Remise en état au départ si dégradation prouvée |
Les règles pour fumer dans un gîte : où les trouver
Avant de réserver, trois documents disent ce qui est permis. L'annonce d'abord : à côté des mentions « linge de maison inclus dans le tarif », « internet gratuit, piscine » ou « linge de maison en option », la plupart des propriétaires indiquent « logement non fumeur » ou « fumeurs acceptés à l'extérieur ». Le contrat de location ensuite, qui reprend la clause et précise les conséquences en cas de manquement. Le règlement intérieur enfin, souvent affiché dans l'entrée ou posé sur la table du séjour, qui détaille l'usage des lieux : terrasse, jardin, zone désignée pour les fumeurs, cendrier fourni ou non.
Les trois documents doivent concorder. Si l'annonce dit « fumeurs acceptés » et que le contrat reçu après paiement interdit toute cigarette, le voyageur peut se prévaloir de l'annonce, qui a déterminé son choix. Le propriétaire prudent relit donc son annonce dès qu'il modifie son règlement, et le locataire prudent lit le contrat avant de verser les arrhes ou l'acompte, pas en arrivant sur place. Sur la différence entre ces deux sommes, qui change les droits de chacun en cas d'annulation, voir l'écart entre arrhes, acompte et caution.
Une politique non-fumeur bien rédigée tient en quelques lignes : interdiction de fumer et de vapoter dans toutes les pièces, y compris la salle de bain et les chambres, lieux de sortie autorisés (terrasse, jardin, à distance des fenêtres), obligation de ramasser les mégots, et montant de la retenue prévue ou mode de calcul des frais de nettoyage. Plus elle est précise, moins elle prête à discussion au moment du départ.
Peut-on fumer à l'extérieur d'un gîte ?
Dans la grande majorité des cas, oui. L'interdiction porte sur l'intérieur du logement, et la terrasse ou le jardin restent des lieux de sortie pour le fumeur. Le propriétaire peut toutefois encadrer cet usage : fumer loin des fenêtres ouvertes des chambres, ne jamais jeter un mégot dans l'herbe sèche ou la haie, utiliser le cendrier fourni. En été, dans les départements soumis à un risque d'incendie, des arrêtés préfectoraux peuvent interdire de fumer en forêt et à ses abords : le règlement du gîte le rappelle souvent, et il vaut mieux le respecter scrupuleusement.
Si le gîte est situé dans un immeuble en copropriété (appartement de ville, résidence de tourisme), le balcon pose une question de voisinage. La fumée qui monte chez les autres copropriétaires peut être invoquée comme un trouble anormal de voisinage si elle est répétée et importante. Le règlement de copropriété peut aussi limiter certains usages des parties communes : cour, jardin collectif, coursive. Le locataire doit alors respecter à la fois le règlement du gîte et celui de la copropriété, que le propriétaire est tenu de lui communiquer pour les parties qui le concernent.
Dans un appartement en copropriété loué en meublé de tourisme, le syndic et les autres copropriétaires sont souvent les premiers à se plaindre : fumée qui entre par l'air des fenêtres voisines, mégots jetés dans la cour, odeur dans la cage d'escalier. Un règlement de copropriété peut encadrer la location de courte durée elle-même, et une plainte répétée pèse sur la relation entre le bailleur et la copropriété. Pour le propriétaire, respecter le voisinage fait partie de la gestion locative au même titre que le ménage ou l'accueil.
Quelles sont les conséquences de fumer dans un gîte non fumeur ?
La première conséquence est matérielle. L'odeur de cigarette imprègne les rideaux, les matelas, les coussins, les tapis et les murs ; la fumée jaunit les peintures, le mur derrière le canapé et les plafonds, et l'air intérieur reste chargé plusieurs jours ; une cendre tombée laisse une brûlure sur un plan de travail, un drap ou une moquette. Dans une location saisonnière, le propriétaire doit remettre un logement impeccable au voyageur suivant, parfois le jour même. Une nuit de cigarette à l'intérieur peut imposer un ménage approfondi, le lavage de tous les textiles, l'aération prolongée, voire l'intervention d'une entreprise d'ozonation, et empêcher de louer le gîte le temps de la remise en état.
La deuxième conséquence est financière. Le Code civil pose que le locataire répond des dégradations et des pertes arrivées pendant sa jouissance, sauf s'il prouve qu'elles ont eu lieu sans sa faute. Les dégâts du fumeur relèvent clairement de sa faute : le propriétaire peut réclamer le coût réel du nettoyage et de la remise en état, et le retenir sur le dépôt de garantie. Si le contrat prévoit un montant forfaitaire de pénalité, il doit rester proportionné ; un juge peut réduire une somme manifestement excessive au regard du dommage réel.
La troisième conséquence touche la réputation du voyageur. Sur les plateformes, le commentaire laissé par l'hôte suit le locataire d'une réservation à l'autre. Une mention « a fumé dans le logement malgré l'interdiction » pèse lourd pour les réservations suivantes, et certains hôtes refusent les profils qui en portent une.
Enfin, fumer à l'intérieur peut poser un problème de sécurité. Un détecteur de fumée est obligatoire dans tout logement en France depuis 2015, locations de vacances comprises. Le locataire qui le couvre ou le débranche pour fumer tranquillement s'expose à une responsabilité lourde en cas d'incendie, et son assurance pourrait discuter la prise en charge.
Retenue sur la caution : ce que le propriétaire doit prouver
Le dépôt de garantie n'est pas une somme que le bailleur conserve à sa guise. Pour retenir une part pour dégâts de fumeur, il doit pouvoir démontrer trois choses : que le logement était sain et sans odeur à l'entrée, que l'odeur ou la dégradation est apparue pendant le séjour, et le coût réel de la remise en état. L'outil le plus solide reste l'état des lieux d'entrée et de sortie, fait en présence des deux parties ou, à défaut, documenté par des photos datées. Pour monter ce dossier, l'article sur l'état des lieux à l'arrivée et au départ détaille la méthode.
L'odeur est la difficulté principale : elle ne se photographie pas. Les propriétaires sérieux s'appuient sur des indices matériels (mégots sur un rebord de fenêtre, cendres dans l'évier, traces jaunes fraîches, brûlure sur un textile), sur le témoignage de la personne chargée du ménage et sur la facture de nettoyage. Une retenue fondée sur la seule affirmation « ça sentait la cigarette » sans aucune preuve est fragile en cas de contestation.
Le propriétaire doit aussi justifier la somme : factures de la blanchisserie, de l'entreprise de nettoyage, du teinturier, ou devis de reprise des peintures. Les délais de restitution de la garantie dans une location saisonnière sont fixés par le contrat ; en l'absence de clause, un délai raisonnable s'impose. Les règles détaillées sur le montant, la restitution et les retenues admises figurent dans notre page sur la caution en location saisonnière.
Comment gérer un locataire qui fume ?
Pour le propriétaire ou le gestionnaire, la meilleure gestion du locataire fumeur commence avant l'arrivée. Écrire la règle noir sur blanc dans l'annonce, le contrat de bail saisonnier et le livret d'accueil évite la plupart des conflits : un voyageur qui a lu l'interdiction de fumer trois fois sait à quoi il s'expose. Prévoir une zone désignée à l'extérieur, avec un cendrier, un abri contre la pluie et une chaise, réduit fortement la tentation de fumer à la fenêtre de la chambre.
Pendant le séjour, un constat de cigarette à l'intérieur (voisin qui signale, odeur perçue lors d'un passage prévu) appelle un rappel courtois et écrit, par message, pour garder une trace. Le propriétaire n'a pas le droit d'entrer dans le gîte sans l'accord du locataire pendant la location, même pour vérifier : la jouissance des lieux appartient au voyageur jusqu'à son départ. La résiliation anticipée du contrat pour ce seul motif est rarement prévue et difficile à mettre en œuvre ; mieux vaut documenter et régler la question à la sortie.
Au départ, l'état des lieux de sortie fait foi. S'il révèle une odeur de fumée ou des dégradations, le propriétaire le note, fait constater par le locataire si possible, photographie les éléments matériels et conserve les factures. La retenue se fait ensuite dans le délai prévu, avec un décompte écrit. Cette rigueur protège aussi le propriétaire en cas de recours du voyageur.
Dans une logique d'investissement locatif, la question se pose aussi en amont : accepter ou non les fumeurs. Un gîte « fumeurs acceptés » attire une clientèle précise mais peut en perdre une autre, et impose un entretien plus lourd des textiles et des peintures. La plupart des gîtes choisissent l'interdiction à l'intérieur et la tolérance à l'extérieur, qui limite la vacance locative sans exposer le logement.
Quels recours possibles face à un locataire fumeur, ou face à une retenue abusive ?
Côté propriétaire, si la garantie ne couvre pas les dégâts, la démarche suit une gradation classique : réclamation écrite au locataire avec les factures, puis mise en demeure par lettre recommandée, puis, faute de réponse, saisine d'un conciliateur de justice (gratuit) et en dernier lieu du tribunal judiciaire. Pour une réservation passée par une plateforme, le recours passe d'abord par la procédure de dommages de celle-ci, qui fixe ses propres délais de déclaration après le départ : les laisser passer fait souvent perdre la réclamation.
Côté locataire, une retenue sur la garantie pour odeur de cigarette alors qu'on n'a pas fumé, ou une retenue sans justificatif, se conteste de la même façon : demande écrite de restitution, en rappelant l'absence de preuve, puis mise en demeure, conciliateur et tribunal si nécessaire. L'aide d'une association de consommateurs peut être utile pour rédiger les courriers. Le voyageur qui fume à l'extérieur a intérêt à le mentionner par écrit dans un message au propriétaire au cours du séjour : c'est un élément de réponse si un problème d'odeur est invoqué à tort au départ.
Dans les deux sens, le moyen le plus efficace reste la preuve préparée à l'avance : photos d'entrée, échanges écrits, état des lieux signé. La question se tranche rarement devant un juge ; elle se règle presque toujours par un échange de pièces.
Prévenir les nuisances du tabagisme dans une location de vacances
Quelques aménagements simples font respecter la règle sans la répéter. Côté propriétaire, afficher un pictogramme discret dans l'entrée, mettre à disposition un cendrier dehors et le retirer de l'intérieur, prévoir une zone désignée abritée pour les jours de pluie et rappeler la règle dans le message de bienvenue. Un détecteur de fumée bien placé, vérifié à chaque changement de locataire, sert autant la sécurité que la dissuasion.
Côté voyageur fumeur, choisir dès la recherche un gîte qui accepte la cigarette dehors, avec terrasse ou jardin, évite les mauvaises surprises. Le filtre « fumeurs acceptés » existe sur la plupart des sites de réservation, et les propriétaires qui louent en direct répondent volontiers à la question posée avant la réservation. Comme pour un séjour en gîte avec un chien, poser la question par écrit protège les deux parties : la réponse devient une pièce du contrat.
La cigarette électronique mérite une mention à part. Beaucoup de voyageurs pensent qu'elle échappe à l'interdiction ; ce n'est vrai que si le règlement ne la vise pas. Une politique non-fumeur récente dit généralement « ni cigarette, ni vapotage à l'intérieur ». Les résidus de certains liquides se déposent aussi sur les vitres et les surfaces, et les propriétaires les assimilent de plus en plus aux dégâts de la fumée.
Fumer dans une location : le cas des annonces Airbnb
La question du fumeur sur Airbnb revient souvent parce que la plateforme laisse chaque hôte fixer son règlement. Dans le règlement de l'annonce, l'hôte indique si le logement est non fumeur ; le voyageur accepte ces règles en réservant. En cas de manquement, l'hôte peut demander un remboursement des frais de nettoyage supplémentaires via le centre de résolution, dans le délai fixé par la plateforme, en joignant photos et factures. Les commentaires publiés après le séjour complètent ce dispositif.
Les réponses des plateformes à ces demandes varient selon les preuves apportées. Un hôte qui fournit des photos de mégots, un témoignage de la personne du ménage et une facture de nettoyage obtient plus facilement gain de cause que celui qui invoque une odeur. Pour un gîte loué à la fois en direct et sur plusieurs sites, il vaut mieux harmoniser le règlement partout : une interdiction de fumer inscrite sur un seul canal est difficile à opposer à un voyageur venu par un autre.
Questions fréquentes sur la cigarette en gîte
Le propriétaire peut-il garder toute la caution pour une odeur de cigarette ?
Il ne peut retenir que le coût réel et justifié de la remise en état : nettoyage, lavage des textiles, reprise des peintures si nécessaire. Une retenue totale sans facture ni preuve de l'odeur peut être contestée par écrit, puis devant le conciliateur de justice.
Une clause interdisant de fumer dans le contrat de location est-elle valable ?
Dans une location saisonnière comme un gîte, elle est valable si elle a été portée à la connaissance du voyageur avant la réservation. Pour un bail de résidence principale soumis à la loi du 6 juillet 1989, la même clause est beaucoup plus discutée.
Vapoter à l'intérieur d'un gîte non fumeur est-il permis ?
Seulement si le règlement ne vise que la cigarette. La plupart des politiques récentes interdisent aussi le vapotage à l'intérieur, et les dépôts laissés sur les surfaces peuvent justifier des frais de nettoyage.
Que faire si le gîte sentait déjà la fumée à l'arrivée ?
Le signaler immédiatement par écrit au propriétaire, avec des photos si des traces sont visibles, et le faire noter dans l'état des lieux d'entrée. Cette réserve protège le locataire contre une retenue au départ pour une odeur qui existait avant lui.















